Le « monologue du vagin », une bouffée d’oxygène qui libère.

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Prise, réappropriation ou restitution de la parole ? Longtemps, les femmes se sont tues. C’est ainsi que l’écrivaine américaine Eve Enseler a écrit le monologue du vagin, une pièce dramatique qui traite sans tabou, les conditions de la gente féminine, que ça soit l’accouchement, viols de guerre, plaisir féminin, maltraitance liées à la culture, excision, ou encore esclavagisme sexuel….C’est dans ce cadre que le collectif culturel « Jambo », sous la houlette de Patrick Zézé, en collaboration avec le l’Institut français halle des grands lacs a présenté cette pièce de théâtre hors du commun, pour interpeller l’opinion publique et les décideurs politiques sur la situation de la femme peu importe le milieu où elle se retrouve.

Considéré comme parmi les œuvres majeur du pilier du féminisme, «  le monologue du vagin », l’histoire telle décrite par l’auteur, est celle du vagin ou plutôt du regard que les femmes portent sur leur vagin; surtout que cela peut sembler déroutant.

C’est qui est vrai, le vagin est un mot tabou, même dans notre société contemporaine, qui la définit comme quelque chose d’étrange, un endroit caché et mystérieux.

Alors pour faire tomber les masques, l’auteur dans l’intrigue de la pièce interroge les femmes sur leur vagin, celles qui ne le connaissent pas, celles qui en sont obsédées, celle que ça dégoute….,bref des monologues rieurs sur des thèmes très différent des protections hygiéniques au viol, le parcours et la soumission plus au moins consciente, plus au moins subie et le diktat que leur impose la culture .

Tour à tour, d’ordre instructif, et criant des vérités, le monologue du vagin est un livre à lire de tout âge au-delà des frontières, les sexes et les religions. Dans le diffèrent interlude, on apprend comment fonctionne cette partie du corps, trop méconnue, ou purement encore évoqué des questions innocentes du genre : «  comment habilleriez-vous votre vagin, quel odeur a-t-il ?».

Des révélations surprenantes et de problèmes réels, mais tues par pudeur ou honte cette pièce de théâtre évoque également les femmes victimes des violences : «  ce vagin violente, torturé, bafoué…, ils l’ont envahi, charcuté, puis incendie. Je n’y touche plus maintenant. Je ne lui rends plus visite. J’habite ailleurs maintenant, je ne sais où » 

En somme le monologue du vagin, fait du vagin un acteur à part entière et montrent sans controverse que, partout la femme demeure soumise, car partout les canons établis les poussent à se mutiler, à endurer les privations drastiques, en mettant leur vie en danger et même souvent de leur propre gré. Écrit avec spiritualité et justesse, cette œuvre dramaturgique devrait s’offrir dès l’enfance pour désinhiber filles et garçons, sur cette partie du corps qui ne devrait pas être forcement féminin.

Par Fulgence RUKATA

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