Remise Et Reprise Au Senat, Léon Kengo Wa Dondo fait de la résistance

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Au sénat, l’heure est aux préparatifs de l’installation du bureau provisoire. Jusqu’hier mardi, les choses semblaient évoluer normalement. Plus de 90 nouveaux sénateurs ont été identifiés. Reste au secrétaire général de l’Administration publique de la Chambre haute du Parlement, de convoquer la session inaugurale pour l’installation du bureau provisoire. Dans les couloirs de l’aile droite du Palais du peuple, on a appris hier que cette plénière pourrait intervenir d’ici à ce week-end. Pourvu que les moyens financiers nécessaires soient débloqués.

 

Cependant, des sources concordantes contactées par Forum des As, tard dans la nuit d’hier mardi, attestent que le Bureau sortant du Sénat refuserait de procéder à la remise et reprise avec le Bureau provisoire. Selon les mêmes sources, l’ancien Président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, instrumentalisé par ses proches collaborateurs, tiendrait mordicus à faire la remise et reprise avec le bureau définitif ! D’où, le sens de la colère de toute l’administration du Sénat, qui déclare avoir assez vu les membres du perchoir de leur institution.

 

Au niveau de la grande commission chargée de l’accueil de nouveaux sénateurs issus des élections du 15 mars dernier, l’attitude de Léon Kengo Wa Dondo est diversement commentée. « Non seulement que l’ancien speaker du Sénat essaie de faire de la résistance, mais il viole en même temps les dispositions légales spécifiques en matière de passation de pouvoir », déclare sur un ton de révolte empreint de colère, un cadre de l’Administration publique du Sénat, membre de la Grande commission.

 

Vu des textes, la cérémonie de remise doit se faire en deux temps. D’abord, entre le Président du bureau définitif sortant et le Président du Bureau provisoire. Puis, entre le Bureau provisoire et le Bureau définitif entant. Dire que cette dernière étape ne peut avoir lieu qu’après que la Cour constitutionnelle a donné son avis de conformité du Règlement intérieur du Sénat à la Constitution. Et dire que ce quitus de la Haute cour peut intervenir un mois après.

L’IVRESSE DU LAIT

Textes en bandoulière, un chevronné de l’administration publique du Sénat, déclare que rien ne saurait ce que lui-même qualifie de confusion délibérément entretenue par le cabinet Kengo. ? Le président du Bureau sortant de notre institution est induit en erreur par ses proches collaborateurs. Dès lors que les élections ont eu lieu et que la Commission électorale nationale indépendante a publié les résultats provisoires du scrutin, le sort de l’ancien Sénat est scellé. Kengo ne peut, sous aucun prétexte, engager le Sénat. Pour preuve, le document qu’il a signé pour le décaissement de fonds d’installation de nouveaux sénateurs a été renvoyé pour défaut de qualité. Et, on a dû refaire le même document. Cette fois-là, avec la signature requise du Secrétaire général, gronde-t-il.

Pendant qu’il pleuvait encore hier dans l’après-midi sur la ville, la question de remise et reprise au Sénat, a volé la vedette des discussions de l’ensemble de l’administration. Des agents, en petits groupes, ont convergé dans la même direction. « Le Bureau définitif sortant n’a plus d’affaires courantes à gérer. Après un mandat légal, plus cinq ans de bonus indus, il doit comprendre qu’à toute chose, il faut considérer la fin. Nous comprenons que la confusion qu’il veut entretenir autour de la remise et remise, est simplement motivée par l’ivresse du lait », ironise un Chef de division de l’Administration publique.

LE CAS MINAKU

Au Sénat, on se réfère à ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. Aubin Minaku n’avait pas attendu le vote du nouveau perchoir définitif pour rendre les clés. Bien au contraire. L’opinion se rappelle que l’ancien speaker de la Chambre basse avait directement procédé à la remise et reprise avec Antoine Gabriel Kyungu, alors président du Bureau provisoire de la nouvelle Chambre des représentants. Les missions du Bureau provisoire sont clairement définies dans l’article 114 de la Constitution. D’abord, la validation des pouvoirs. Ensuite, l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur. Enfin, l’élection et l’installation du Bureau définitif.

D’aucuns pensent, non sans raison, qu’au Sénat les choses devraient se passer de la même manière. Hélas. Dans les couloirs du Palais du peuple, on apprend que l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur viendrait après l’élection et l’installation du Bureau provisoire. En d’autres termes, c’est ce Bureau qui sera chargé d’élaborer le Règlement intérieur de la Chambre haute.

 

Vu des analystes, si ce n’est pas déjà une violation de la Constitution, ça y ressemble à mille lieues. Dans l’hypothèse de l’élaboration et de l’adoption du Règlement intérieur du Sénat par le Bureau définitif, on se demande sur base de quel texte devra fonctionner ledit Bureau ? Et, subséquemment, tout le Sénat ? Car, c’est le Règlement intérieur qui constitue la Constitution des deux chambres du Parlement. « On ne doit pas inventer la roue », clame sous le sceau de l’anonymat, un membre du banc syndical de l’administration publique du Sénat.

A tous égards, il est humain de se tromper. De même qu’il peut arriver au chef de prendre de mauvaises décisions. Mais plus démoniaque serait de persister dans l’erreur. Au Sénat, on ne demande pas mieux au Bureau définitif sortant, que de se conformer aux textes. Pas plus

Avec Forum des As

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