RDC : Bienvenu Etat de Droit ! « Voici ces plus de 6 Milliards de Dollars détournés sans procès »

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La lutte contre la corruption, une des promesses électorales de l’actuel président de la République Démocratique du Congo qui vient de lancer la dynamique tant attendu, avec le nouveau procureur Général de la République, qui ne regarde pas les rangs des personnalités qu’il interpelle au Parquet Général de Matete à Kinshasa.

La RDC a dans sa mémoire non-seulement les dossiers des détournements ou de la corruption, mais voudrait aussi avoir de la lumière sur des dossiers d’arrestations politiques, des assassinats, comme le procès infini de l’assassinat de l’ancien président de la République Mzee Laurent-Désiré Kabila. La lumière sur cet assassinat n’a pas encore été faite, quoique des individus ont été condamnés et mis en prison, d’autres qui se sont exilés dans les pays occidentaux, disent que la vérité sur cet assassinat n’est pas celle connue officiellement, de même les congolais voudraient que l’autorité de l’Etat soit respectée par tous, et ne pas assister au sabotage que le Leader Né Kongo, du Bundu Dia Kongo Né Mwanda Semi impose à la population quand il veut. Il a même évadé de la prison de Makala avec près de 4000 autres personnes. Jusqu’aux dernières nouvelles, personne ne l’inquiète à Kinshasa où il vit.

Au Katanga c’est Gédéon Kyungu, qui fait la pareille de Né Mwanda Nsemi et souvent les deux reçoivent des soutiens des personnalités politiques ressortissants de leurs provinces d’origines qui appellent à privilégier le dialogue avec ces deux  « hors-la-loi » du pays, en lieu et place de les juger de leurs comportements inciviques.

Ajouter à ce laissez-faire, la corruption et le détournement, la RDC figure parmi les 20 pays les plus corrompus monde selon un rapport de Transparency international publié en 2019 (ce pays est le 161ième du monde sur un classement de 180 pays évalués). Le régime précédent du Président Joseph Kabila avait fermé les yeux sur plusieurs de ses dossiers de corruption, y compris les détournements sous l’ère Mobutu qui était aussi très réputée dans cette pratique de la mauvaise gouvernance. Joseph Kabila avait donc privilégié la réconciliation nationale et à fermer les yeux. Une réconciliation sans justice ne pouvait que récidiver les pratiques de l’ère Mobutu. Il a néanmoins en 2015 voulu recadrer les choses avec sa politique souverainiste (qui lui exigeait de ne compter que sur les ressources internes du pays et pas sur l’aide extérieur).

Kabila nomma ainsi Mr Luzolo Bambi comme conseiller chargé de lutter contre la corruption ! Ce dernier révéla après des enquêtes que le trésor public congolais, perd chaque année en moyenne la somme de 15 milliards de dollars américains. Alors que le budget de l’Etat officiellement n’a jamais atteint la moitié de cette somme en termes de mobilisation sous formes de ressources internes.

Les élections devaient être organisées l’année suivante et par faute des moyens financiers pour leurs organisations (1 milliard et demi de dollars Us), la classe politique a priorisé le dialogue politique et une courte transition qui n’avait plus que comme priorité l’organisation des élections.

Nous sommes en 2020, vers la deuxième année après les élections qui n’ont pas été organisée à tous les niveaux, et voici dans les rangs de l’UDPS, parti présidentiel de Felix Tshisekedi on chante « l’Etat de droits » en marche.

L’autre partie de la population répond majoritairement ; « Bienvenu Etat de Droit » voici les dossiers des détournements auxquels les congolais ont longtemps assistés à des disparitions ou non-réalisations et sans que la Justice n’enquête sur leurs suites :

  1. Passeport Biométrique: (le trésor public perd en moyenne 600 millions de dollars chaque année depuis 2015 en 5 ans bientôt au mois de juin ça sera 3 milliards de Dollars perdu au minimum)

Des nombreuses révélations publiées par des chercheurs et mêmes des ministres qui sont passés du pouvoir de Kabila, à l’opposition ont révélés que le trésor public congolais ne perçoit que 65$ américain sur le 185$ du prix officiel, ou sur le 300$ du prix non-officiel par passeport, tant pour un enfant de moins d’une année, que pour un adulte. Où va le reste de cet argent ?

  1. Le Go-Pass : (près de 32 millions de dollars récoltés chaque année depuis 2009, en 10 ans cette taxe aurait permis à la république de générer près de 300 millions de dollars)

Dans chaque billet d’avion acheté auprès des compagnies aériennes opérant sur le sol congolais, il est toujours mentionné le prix du billet et la taxe par billet d’avion, ce que paye le congolais en achetant son billet lors de chaque voyage. Mais arrivé dans nos aéroports, les congolais sont obligés de payer encore le Go-Pass une taxe supplémentaire, sans parler d’autres taxes de la statistique et consorts. Où va cet argent du Go-Pass car nous savons que dans chaque billet acheté, il y a toujours obligatoirement une part de l’Etat. Pourquoi cette taxe supplémentaire ?

  1. La surfacturation des Machines à Voter : (près de 63 millions de dollars sur facturés lors de précédentes élections de 2018)

Des nombreuses révélations ont été faites avant même les élections, quand la CENI dirigée par Corneille Nangaa venait de publier le budget électoral. Les machines à voter étaient prévues au prix de 1500$ au lieu du prix normal de 700$ ou 900$ sur le marché. Où est-parti la différence de cet argent sur 105 149 machines achetées ? La CENI a-t-elle été auditionnée sur la gestion financière du budget électoral ?

  1. Le Péage-Route FONER : (rien que pour la seule Route nationale No 1 Kinshasa-Matadi, le péage route en 2018 a généré 4.3 millions de dollars en 2018. Créée en 2008, cette agence peut générer en moyenne jusqu’à 100 millions de dollars par an. Donc capable de réhabiliter au moins 100 kilomètres chaque année. de 2008 à aujourd’hui l’agence devait avoir construit 1200 Km au minimum. Soit l’équivalent de la route Kinshasa-Bandudu-Kasaï Jusqu’ à Kindu au Maniema)

La plupart des routes de la RDC sont en grande partie financées par les bailleurs des fonds internationaux, comme la Banque Mondiale, la BAD, ou certains autres dans le cadre du Contrat-Chinois. Le FONER a rarement ou peu visiblement participé à des simples travaux de débouchage des caniveaux, ou pour couvrir les nids de poules et cela souvent pas sur une surface de plus de 10Km, saufs quelques exceptions que seuls le FONER peut démontrer ; les congolais voient en cette société une arnaque nationale qui perçoit de l’argent pour chaque passage de véhicule sur les routes nationales et même sur l’importation du carburant par litre 150FC. Pour preuve les routes nationales notamment de l’Est de la république sont toujours impraticables 12 ans après la création de cette société. La population de Kisangani par exemple ne peut pas voyager à Kindu, à Goma, à Bukavu ou à Lubumbashi par la route.

La population de Bukavu doit prendre les routes du Rwanda pour joindre les villes de Goma et d’Uvira. Il faut faire 1 mois de route pour que les produits et marchandises de Bukavu arrivent à Kindu. De même au du pays dans le Kasaï, il est impossible de rejoindre l’Est du pays par la route, ou même le nord à partir du Kasaï. Les seules routes nationales praticables de Kinshasa-Bandundu, ou encore Kinshasa-Kongo-central sont les œuvres soit de la Banque mondiale ou du contrat chinois. Alors où va l’argent du FONER ?

  1. Le projet de construction de la nouvelle aérogare à l’aéroport de Ndjili : (entre 23 à 30 millions de $USD sont mobilisés par la RVA chaque année, rien que sur le Go-Pass, sans inclure les recettes de la taxe incluse dans les billets d’avions que payent les compagnies aériennes flottant sur le territoire congolais. Cet aéroport doit être reconstruit à hauteur de 364.9 millions de dollars)

Lancé au mois de Mai 2018 par Joseph Kabila, aujourd’hui près de 2 ans plus tard, personne ne sait où on en est avec ce chantier. C’est comme si les congolais avaient tous le même jour fait un rêve sur l’inauguration des travaux de construction de cet aéroport. Les autorités avaient même annoncé le même jour que 20 millions de dollars étaient déjà disponibles pour le démarrage des travaux sur un coût global de 364.9 millions de dollars sur financement de l’Etat congolais (40%) et la Banque Chinoise Exim Bank of China (60%). Donc l’Etat congolais doit seulement débourser la somme de 145 960 000$ et le reste par le partenaire chinois, pour une durée de 3 ans de travaux.

La justice peut-elle nous donne la lumière sur ce dossier ?

  1. La Route Nationale No 5 Bukavu-Kamanyola : (coûts de travaux 71 602 312 de dollars un financement du programme Sino-Congolais)

Travaux lancés en Novembre 2011, par Joseph Kabila pendant la campagne électorale pour sa réélection au second mandat. Une route de 55.5Km a été réhabilité jusqu’à ce jour à seulement 4km et le reste personne ne connait la suite. La justice peut-elle nous dire le blocage de ces travaux ?

  1. La Construction du Stade de Bukavu : (coûts des travaux 10 millions de Dollars, financé par le programme Sino-Congolais pour une durée de 2 ans soit de Novembre 2017 à 2019)

Situé au Sud de la ville de Bukavu, dont les travaux de construction lancé par l’ancien gouverneur Claude NYAMUGABO qui est aussi actuel ministre de l’environnement. Ces travaux étaient lancés en Novembre 2017 à la même époque avec le stade de Kalemie, en province du Tanganyika. Celui de Tanganyika est fini, mais celui de Bukavu, les travaux ont été suspendus. La population veut connaitre la suite avant que des nombreuses années passent et que le projet soit oublié.

  1. Le projet Pilote du Parc-Agro-Industrielle de Bukangalonzo : (92 millions de dollars Investis)

Lancé avec Pompe par Joseph Kabila en 2015, les annonces des autorités ont donné l’impression de venir résorber le déficit alimentaire du pays, car le projet devait s’étendre sur l’ensemble du pays. Que consommons-nous comme produits agricoles 5 ans plus tard ? Nous importons toujours la nourriture en grande quantité et les 92 millions investis dans Bukangalonzo sont comme jeté à la poubelle. Que la justice nous lance des enquêtes sur cette affaire qualifiable « d’escroquerie » du gouvernement Matata Ponyo.

  1. La Regideso : (25.5 milliards des francs congolais des recettes réalisées en 2017, soit près de 15 millions de dollars américains, cette société ne fournit l’eau qu’à 50% de la population congolaise)

L’eau potable un grand problème, à Kinshasa, à Goma, à Bukavu et dans les villages de la RDC n’en parlons même pas. Pourtant la REGIDESO, société nationale créée il y a plus de 50 ans, perçoit les paiements des frais de consommation de ses abonnés congolais régulièrement. Avec son monopole du Marché, n’a ni construit des nouvelles usines de captage d’eau pour sa croissance, mais c’est elle qui se plaint de ne pas avoir la capacité de fournir l’eau à toute la population. Donc une opportunité de la forte consommation pour cette société est devenue un blocage dont elle exhibe pour justifier ses détournements des factures payées par les consommateurs congolais, mais également des financements des bailleurs de fonds internationaux. La population congolaise a droit, à ce service vital et la justice devait en faire sa priorité pour qu’il revienne au bon fonctionnement bénéfique à la santé et l’hygiène de tous.

  1. La SENL : (en 2017, la BAD a financé 218 millions de dollars pour les travaux d’etude du projet Inga 3 et prévoit 700 millions de dollars avec d’autres partenaires pour financer les travaux des constructions du barrage Ruzizi 3, et d’autres barrages dans le pays, comme celui de Zongo ont déjà été fiancé pendant le régime de Kabila)

Tout comme pour la REGIDESO, la SENL doit justifier les fonds qu’elle perçoit pour les paiements des factures des consommateurs. Elle-même (cette société) a instauré des pratiques conduisant à sa ruine, juste pour justifier ses gabegies financières. Il y a des nombreux abonnés qui n’ont pas des compteurs d’électricités mais qui payent leurs consommations par forfait. Pendant que presque tous les pays d’Afrique, ont déjà opté pour la facturation prépayée de CASH-POWER. Qui peut nous ramener cette société à la raison ? La justice a-t-elle déjà enquêté sur ce dossier ? Pourtant aucun développement industriel ne sera pas possible dans un pays dont plus de 91% de la population n’a pas accès à l’électricité. Les congolais payent des factures d’une électricité qu’ils n’ont souvent pas consommée.

Même quand les agents de la SNEL ont de leur propre initiative, coupé la connexion électrique d’un ménage, ils continuent quand-même à exiger des factures pour des périodes de coupures. Comment cela s’explique vraiment ?!!

  1. La Fibre Optique : (Depuis 2003, le projet commence et s’arrête en 2009 alors que le gouvernement avait déjà débloqué 11 millions de dollars payé à la société WAFS et en suite en 2010, le pays ajoute encore 16 944 150 $ soit un total de 25 millions de dollars et en 2011, 12 millions supplémentaires ajouté dans ce même projet en 2012. En fin 616 millions ajouté par le gouvernement congolais dans le projet, sous Matata Ponyo. Soit 653 millions de dollars depuis le début du projet en 2003 jusqu’à la première connexion de la fibre optique en 2013)

Nous somme en 2020, 7 ans après, la connexion internet en RDC c’est toujours un cauchemar, notamment pour les banques qui se justifient fréquemment qu’elles ne peuvent pas offrir des services à leurs clients soit disant la connexion est interrompue ou inaccessible, de même pour les opérateurs de la communication cellulaire, alors que le pays est connecté à la fibre optique depuis 2013. L’internet est resté très cher en RDC, tout comme les tarifs de téléphonie mobile, plus que partout ailleurs en Afrique et dans le monde. Les prix des mégabytes congolais sont hyper-élevés, au point que des sociétés congolaises implantées dans les provinces limitrophes de la RDC, ont optés d’utiliser l’internet des pays voisins.

Ces sociétés comme des individus qui ont fait ce choix, le justifie par une bonne connectivité et le prix défiant la concurrence congolaise. Ce qui cause un manque à gagner pour les opérateurs cellulaires qui ont investi dans ce secteur en RDC.

Joseph Kabila et son Ministre de la nouvelle technologie à l’époque Kin-Key Mulumba, qui avaient lancé la fibre optique en 2013, un projet du gouvernement Matata Ponyo, sont tous en liberté et pouvaient éclairer la nation à travers une enquête judiciaire sur ce sujet. En 2019 ; 6 ans après, Kin-Key Mulumba et Matata Ponyo ont niés leur implication rejetant chacun sa responsabilité dans ce projet qui a coûté plus d’un demi-milliard de dollars américains au trésor public congolais. La justice va certainement nous donner la lumière sur ce point dans les jours avenirs.

  1. Le financement de la Route Bukavu-Kasongo : (Pour une superficie de 500 Km, une route d’importance capitale qui pouvait relier la ville de Bukavu à Kinshasa, en passant par Kindu et Muji Mayi sur la route nationale numéro 2. Travaux prévus pour 18 mois en terre battue et financée par la Banque mondiale à hauteur de 20 millions dollars)

Travaux lancés depuis la période de transition en 2006, par le feu Yerodia Abdoulay Ndombasi, à l’époque Vice-Président en charge des infrastructures, aujourd’hui 14 ans plus tard, cette route reste dans le même état que lors du lancement des travaux. C’est pour cette raison que la population de Kindu ne peut pas voyager par route en direction de Bukavu. La route inaugurée la même période dans le pays voisin au Rwanda, les travaux étaient terminés deux ans plus tard, et les congolais l’utilise pour rejoindre la ville d’Uvira en quittant Bukavu, dans la même province du Sud-Kivu.

  1. Les paiements pour importations dans les ports, aéroports et frontières de la RDC : (au minimum au moins 1 milliards de dollars perdu chaque année)

Ici c’est le paradis du détournement en RDC, beaucoup des milliards des francs congolais disparaissaient chaque année, à une estimation incalculable. Il suffit d’y assister pour une seule journée et voir la capacité de mobilisation des recettes que représente les frontières, ports et aéroports de la RDC. Tout le monde paye, même celui qui traverse avec un petit bidon de 5 litres de lait. Il y a également divers paiements, dont même la police des frontières a aussi instauré des rançons. La grande question c’est où va toute cette manne que doit générer les frontières, ports et aéroports congolais ?

  1. Le programme 100 jours du Gouvernement : (492 100 614$ USD coût global du programme)

Tous les congolais unanimement saluent la démarche du pouvoir en place, qui veut mettre fin à ce pillage des richesses du pays par les individus. Les arrestations et interpellations en  cours, redonnent à plus d’un congolais, l’espoir d’un Etat de droit. Il faudrait ne plus reculer et poursuivre cette dynamique qui va retracer un avenir meilleur pour la nation.

Cependant, une frange de la population voudrait que la politique ne puisse pas influencer le travail de la justice. Ces congolais demandent qu’il n’y ait pas deux poids de mesures. Que tous les dossiers flous, projets sans suite, et affaires qui continuent à piller ouvertement les congolais comme le Go-pass et les passeports biométriques ou les affaires dans le secteur minier, soient toutes remises sur table pour décourager à tout le niveau, les détourneurs des deniers publics.

Cela va reconstruire un pays rêvé par les ancêtres en l’occurrence Patrice Lumumba, Mzee Kabila, Etienne Tshisekedi et tous les martyrs de la démocratie et de l’Etat de droits.

Nous ne parlons pas dans cette tribune de tous les détournements ou de tous les travaux lancés sans suite, il y a une très longue liste, chacun des congolais peut en énumérer des centaines des projets lancés ou promu et non-réalisés. Il faut que ça prenne fin et que l’Etat de droit règne au bénéfice de l’intérêt national.

Tribune de Christian-Joseph Musenge

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