« Kamerhe Coupable » Le peuple demande un procès public pour participer au jugement!

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Depuis son arrestation le 08 Avril dernier, il a été directement accusé dans l’opinion comme auteur du détournement de plus de 300 millions de Dollars, mais cela n’était que la rumeur, et des sources officielles du parquet, il était cité dans tous les dossiers du programme 100 jours du Président de la République Felix Tshisekedi, dont il est encore son Directeur de Cabinet.

Le dossier a commencé par les travaux que devaient exécuter: l’office des Routes (sauts de moutons), le FONER, et SOCOC (Routes), puis la commande des fameux médicaments périmés. Mais plus les jours sont passés, tous ces dossiers ont été déclassés à la tête de Kamerhe mais qui continuent leurs instructions au Parquet Générale de Matete avec l’interpellation des Directeurs Généraux de sociétés concernées.

Reste le dossier des maisons préfabriquées dont l’enquête de notre consœur Sonia Rolley de RFI, révèle leur face dans cette tribune que vous pouvez le lire en détail ici.

De quoi la justice accuse-t-elle Réellement, Mr Vital Kamerhe ?

Son dossier dont une copie de citation à prévenu, nous est parvenu, révèle que Vital Kamerhe, Samih Jammal, et MUHIMA NDOLE Jeannot doivent comparaître le 11 mai prochain devant le Tribunal des Grandes Instances de Kinshasa/Gombe pour :

  • Avoir, étant auteurs ou co-auteurs du détournement des deniers publics. Le document du parquet cite sans préciser la date qu’entre le mois de mars 2019 et janvier 2020, Mr Kamerhe et Samih Jammal de la société SAMIBO CONGO SARL ont détourné la somme de 48 831 148$, argent qui a été déposé au compte de la société SAMIBO CONGO SARL de Jammal pour l’achat et l’érection de 1 500 maisons préfabriquées dans les provinces de Kinshasa, Kongo Central, Kasaï Central, Kasaï Oriental et Sud-Kivu. Le même document cite la somme supplémentaire de 2 137 500$ qui était remise à la société HUSMAL SARL dont le propriétaire est la même personne, le Co-accusé de Vital Kamerhe, Samih Jammal dans le cadre du deuxième contrat de la commande de 3000 maisons préfabriquées pour les policiers et militaires.
  • Il est également reproché à Vital Kamerhe en complicité avec Mr MUHIMA NDOLE Jeannot, d’avoir détourné étant qu’agents publics la somme de 1 154 800$Us qui était remise à MUHIMA NDOLE Jeannot pour le dédouanement des containers des maisons préfabriquées.
  • Le document de citation à prévenu, évoque le nom de SOYAYA MPIANA, la belle fille de Kamerhe qui a bénéficié dans les même circonstances l’achat d’une concession mesurant 70.00 mètres x 100.00 mètre située sur la baie de Ngaliema en commune de Ngaliema à Kinshasa, de la part de Jammal afin d’abuser de son influence réelle en tant que Directeur de cabinet du président de la République et superviseur du programme 100 jours, pour faire gagner le marché public de 1 500 et 3 000 maisons préfabriquées à Monsieur Samih Jammal, sous les noms de ses sociétés SAMIBO CONGO SARL et HUSMAL SARL, en violation de la procédure de passation des marchés de gré a gré

Bref, la justice accuse Vital Kamerhe, et Samih Jammal propriétaires des Sociétés SAMIBO CONGO SARL et HUSMAL SARL d’avoir détourné la somme total de 50 968 648$Us sur 115 000 000$ la somme totale que le gouvernement doit décaisser pour l’achat et l’érection de 4 500 maisons préfabriquées en tout. Dont 1500 maisons commandées juste au lancement du programme 100 jours de la phase pilote et 3000 maisons complémentaires voulu par le président Felix Tshisekedi après sa visite au camp militaire à Kinshasa où il avait promu à la garde républicaine des logements décents.

Et dans un autre détournement présumé de 1 154 800$ prévu pour le dédouanement dont Kamerhe et Muhindo sont responsables, selon le même document. Ce qui porte le Total du détournement à 52 123 448$ Us détournés par le 3 prévenus

L’Etat congolais ayant déjà décaissé 59 637 500$, il lui manque 55 362 500 $ à payer pour finaliser sa commande. Donc près de 52% du montant global est déjà payé aux deux sociétés de Samih Jammal, qui aussi a déjà lancé la livraison de sa commande avec des maisons qui sont en pleine construction au camp Tshasthi à Kinshasa et dont sur un total du premier contrat de 1 500 maisons préfabriquées commandées, 1 200 sont déjà livrées, soit 80%, par la société Samibo Congo SARL et 300 maisons préfabriquées n’attendent que leur chargement et expédition vers le port de Matadi », d’après nos sources.

Images des premières maisons du Camp Tshatshi à Kinshasa

C’est donc sur cette commande de 1500 maisons que les 48 831 148$ que réclame la justice a été détourné sur le 57 500 000 décaissé par l’Etat pour finaliser le premier contrat.

Quant au deuxième contrat de 3000 maisons préfabriquées, la somme de 2 137 500$ a été payée par l’Etat congolais, sur 57.5 millions et reste à payer 55 362 500$ et dont une partie de cette commande aurait déjà était livrée au port de Matadi par la société HUSMAL SARL.

Le premier contrat a facturé les maisons entre 35 000 et 45 000$ la pièce, dont le coût d’achat, l’acheminement jusqu’aux ports d’arrivée, la construction de tous les socles ou fondations sur tous les sites pour poser les maisons, les salaires des ingénieurs turcs qui doivent élever les maisons, la main d’œuvre locale qui assiste les ingénieurs turcs et autres charges diverses. Ce qui fait 57,5 millions pour les 1 500 maisons.

Le deuxième contrat avec la société Husmal SARL a facturé 3000 maisons préfabriquées du deuxième contrat entre 16 000 et 19 000 dollars toutes charges comprises. C’est ce qui explique que cette deuxième commande s’élève elle aussi à 57,5 millions de dollars, mais pour deux fois plus le nombre des maisons, selon Sonia Rolley de RFI.

Et d’après toujours notre source, la société turc fabricant ces maisons, les vend entre 5 500$ et 13 000$ et les expédie à 5 000 dollars par maison et par container pour les transporter jusqu’à Matadi, dont le prix réel sur le marché et entre 10 500$ et 18 000$ sans inclure les coûts liés à leurs installations sur les sites prévus. C’est ici qu’il y a la confusion et il faudrait que le ministre qui a signé les deux contrats prennent la responsabilité de la suite du dossier.

Justin Bitakwira, ce ministre signataire de deux contrat a été entendu par la justice et n’a pas été emprisonné. Les Ministres des finances et budget de l’époque Henry Yav et Pierre Kangudia eux n’ont pas été entendu sur le décaissement.

Quelle lecture faire pour mieux comprendre la suite du dossier ?

Du début et même jusqu’à la fin de cette présentation détaillée du dossier, rien ne montre clairement avec preuve, l’implication de Vital Kamerhe comme responsable du dossier devant la Justice. Peut-être Samih Jammal mais lui aussi n’a pas encore bénéficié tout l’argent du contrat pour finaliser sa livraison des maisons préfabriquées.

  • Surfacturation des maisons :

Il n’appartenait pas à Vital Kamerhe de décider le prix des maisons préfabriquées, car ce n’est pas lui le signataire des deux contrats.

  • Détournement :

Sauf, s’il y a des preuves comme la justice laisse entendre que dans le premier décaissement de 48 831 148$, Vital Kamerhe aurait bénéficié une part dans son compte de la part de Samih Jammal, le représentant des sociétés signataires du contrat avec l’Etat congolais.

  • Trafic d’influence et contrat sans soubassement juridiques :

Encore ici cela appartenait à l’Etat de rejeter l’offre de SAMIH JAMMAL avant la signature du contrat. Contrats que n’a pas signé Vital Kamerhe, mais l’Ex-ministre Justin Bitakwira.

Pour ce qui est de l’acquisition de la parcelle « don de Jammal » à la belle fille de Kamerhe, il faudrait que la justice démontre comment cela a été fait, moyennant des preuves et non pas des soupçons.

Avec toutes ces zones d’ombres dans ce dossier, le peuple congolais souhaite vivement un procès public, pour assister les juges pendant leur arbitrage, afin que les uns ou les autres n’accusent pas ce dossier, de procès politique initié pour empêcher un potentiel candidat président à l’élection de 2023, de ne pas se présenter.

L’impact positif de ce procès contre « le pseudo-vice-président de la république » Vital Kamerhe

Qu’il soit reconnu coupable ou non coupable, le peuple congolais a déjà retrouvé son compte, avec le fait d’interpeller un haut responsable de l’Etat-congolais, dans ce pays réputé très corrompu, dont les détournements ont été faits à hauteur des milliards de dollars dans le précèdent régime du président Joseph Kabila, c’est une grande première pour la nation congolaise d’attaquer les soupçons du détournement jusqu’à interpeller un Directeur de Cabinet du président de la République, et qui n’a pas bénéficié de mise en liberté provisoire, des ministres ont été condamnés dont celui de la santé du gouvernement Tshibala sortant, et d’autres ont été invités au parquet pour répondre à l’invitation comme renseignant et cela a satisfait une grande partie de la population congolaise.

Néanmoins l’autre partie, des congolais voudrait que des centaines d’autres dossiers soupçonnés des détournements soient ouverts contre les anciens gestionnaires du régime de Kabila, pour mettre la lumière sur des chantiers qui ont été lancés sans suite, ou abandonnés en pleine construction, des soupçons des détournements des frais des passeports, permis de conduire, etc.

La population congolaise demande une justice à tous les niveaux et non sélective pour rétablir un Etat de Droit.

Que Kamerhe soit coupable ou non, son procès va créer la crainte auprès des gestionnaires de l’Etat (ministres,DG, ADG, etc) qui n’ont plus un feu-vert du détournement sans être interpellé par la justice. Et cela est un premier pas vers un Etat de droit, qui est un processus important pour la bonne gouvernance.

Cela va redonner la confiance aux investisseurs et partenaires étrangers (Banque Mondiale, FMI…) dont le président de la république a fait le tour du monde entrer de mobiliser pour pouvoir trouver les moyens de la réussite de son programme de gouvernance.

Par Christian-Joseph Musenge

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