CPI: Régulateur de la justice internationale ou Cour néocolonialiste ?

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Alors qu’il a été institué  en vue  de mettre un terme à l’impunité des auteurs des infractions internationales les plus graves. La Cour Pénale internationale (CPI), semble depuis sa création, se focaliser dans toutes la situation ayant fait l’objet d’une procédure devant sa compétence, s’intéresser exclusivement de cas africains. Cette  situation crée une défiance croissante des chefs d’états africains  et  de  l’opinion publique, qui estime que la Cour Pénale internationale  est un  instrument  hégémonique de  l’occident créée  pour subjuguer les  dirigeants  africains et mettre en œuvre un agenda  impérialiste d’où  la question  de se  demander si,  est-il  opportun  au pays  africains  ayant signé le statut de Rome de continuer à siéger ?

La cour pénale internationale (CPI)  est  la pièce maitresse de l’univers des institutions de la justice internationale,  car elle est la première et la seule juridiction permanente  et universelle établie le 17 Juillet 1998  par  la signature du  statut de  Rome, entrée en vigueur le 1 Juillet 2002. Cette cour a pour mandat de juger les crimes internationaux les plus graves, notamment les crimes de génocides, les crimes contres l’humanité, et  les crimes des guerres qui lient actuellement 122 États.

Cette cour  dans sa manière de travailler ne vise pas uniquement  une situation dans un état en particulier, mais toutes celles qui sont susceptibles de relever de sa juridiction dans le monde entier et pas seulement au sein des États-parti, parce que lorsqu’elle est saisie par le conseil de sécurité  de l’ONU, l’ensemble des états membres de l’ONU ont l’obligation de coopérer avec elle, ce qui rend de fait sa juridiction universelle.

Curieusement contre toute attente  et pour peu que cela puisse paraitre, la CPI depuis le début des enquêtes et dont certains verdict a été rendu, que ça soit au Soudan, Ouganda, RCA, RDC, Lybie ….ne poursuit de fait que des africains, alors qu’elle est censée être internationale.

Cette tendance a suscitée un désamour de cette institution et une propagande africaine anti-CPI a vu le jour à partir de 2005 en réaction à la saisine de la CPI par le conseil de sécurité pour le cas de Darfour.

Mais elle s’est surtout envenimer lorsqu’il a eu émission des mandats d’arrêt contre le président nord-soudanais El-Béchir en 2009 ou encore l’arrestation et le transfèrement de l’ancien président Ivoirien Laurent  Bagbo  à la Haye pour ne citer que cela.

La plus grande question qui taraude plus d’un observateur est de savoir pourquoi la CPI ne s’intéresse que pour le cas africains faisant fi à la situation en Syrie ou en Afghanistan, ou se passe également plusieurs atrocités qui ne sont autres que des crimes contre l’humanité ?

Cette façon de procéder de la CPI  a crée certainement une certaine aigreur et une hostilité de la part de pays africains, qui certains ayant ratifié le statut de Rome ont même menacé ouvertement de se désengager  de ce dernier, a l’instar du Kenya et de l’0uganda, qui n’acceptaient pas les déplacements, du président  Uhuru Kenyata et son vice président Ruto, pour être auditionner.

cette  façon de procéder de la CPI suscite un sentiment d’hégémonie  dans les esprit, des africains du fait que certains États occidentaux immunisent, leurs propres troupes, curieusement ils brandissent la notion de la compétence  universelle, comme par exemple  l’audition actuelle du ministre congolais de la justice Alexis Tambwe Mamba par la justice Belge, ou l’arrestation en Allemagne à la suite d’un mandat d’arrêt français du chef de protocole de Paul kagame en 2008.

Avec ces quelques cas évoqués précédemment, pourquoi on ne peut pas parler de deux poids des mesures quant on sait qu’il y a des crimes  qu’aurait commis la Russie en Tchechenie, les Etats-Unis et Israël en Palestine  et au Liban  ou encore les Etats-Unis  et les Royaumes Uni en Irak, et en Afghanistan.

Le dernier épisode en date qui a ravivée les esprits et déclencher un tôlé, c’est la récente mise en garde de Etats-Unis à l’égard de procureur de la CPI, Fatou Ben Soudan, qui envisageait ouvrir une enquête sur les crimes commises par les soldats américains en Afhganistan.

Eu égard de tout ce qui précède, la justice internationale  semble appliquer les règles de la lutte contre l’impunité qu’en Afrique comme si rien ne se passer ailleurs et en engageant des enquêtes préliminaires sur  d’autre crimes sans que cela débouche sur un procès.

C’est pourquoi, tout en ne remettant pas en cause les rôles de la CPI, qui est très crucial dans la lutte contre l’impunité des puissants, les États Africains, même ceux ayant ratifier le statut de Rome  devrait tenir compte des toutes ses insuffisances, pour envisager une alternatives, comme  celle d’un tribunal africain chargé de réprimer les crimes le plus graves commise par les dirigeants africains, que de livrer ces derniers devant une institution qui donne l’impression d’être un nouveau forme de colonialisme des grandes puissance a l’égards de pays faibles.

En somme, si la CPI veut  redorer son image d’une justice censée réguler les injustices à l’échelle  international, ternis par ses nombreuses  insuffisances précitées, elle doit  s’efforcer de  promouvoir la vraie justice en sanctionnant tous les crimes, au lieu de donner l’impression de servir de béquilles des intérêts politiques, des grandes puissances, en humiliants les africains et leurs leaders et dans le cas contraire, elle aura toujours une mauvaise presse au sein de l’opinion  africaine dans toute sa globalité, ce qui aboutirait à un retrait collectif des  États Africains du statu des Rome.

Par Fulgence RUKATA

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